Le harcèlement moral ascendant (collaborateur ==> manager)

De nombreuses entreprises abordent spontanément le harcèlement moral comme un phénomène descendant (manager → collaborateur). Pourtant, la loi et la jurisprudence française reconnaissent aussi le harcèlement moral exercé par un subordonné à l’encontre de sa hiérarchie…

🔎 Le harcèlement moral peut aussi être ascendant
De nombreuses entreprises abordent spontanément le harcèlement moral comme un phénomène descendant (manager → collaborateur). Pourtant, la loi et la jurisprudence française reconnaissent aussi le harcèlement moral exercé par un subordonné à l’encontre de sa hiérarchie — ce que l’on appelle le harcèlement vertical ascendant.

⚖️ Ce que dit la jurisprudence
La Chambre criminelle de la Cour de cassation a clairement posé, dès une décision du 6 décembre 2011, que le fait que l’auteur soit subordonné à la victime n’exclut pas la qualification de harcèlement moral : dès lors que des agissements répétés ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail de la personne visée, celle-ci peut être considérée comme victime, qu’elle soit hiérarchiquement supérieure ou non.

📌 Autrement dit : la position hiérarchique n’est pas un obstacle juridique à la reconnaissance du harcèlement. Ce sont les faits — la répétition, l’impact sur la dignité, la santé ou les conditions de travail — qui fondent la qualification.

Alors que retenir ?
👉 Le harcèlement moral est défini par les éléments factuels et non par la configuration hiérarchique des relations.
👉 Il est essentiel d’être vigilant à toutes formes de comportements répétitifs déstabilisants, quels qu’en soient les auteurs.

👉 La prévention et l’accompagnement doivent s’adresser à l’ensemble de l’écosystème professionnel, y compris aux managers victimes potentielles.